Et si la Tradition �tait une solution ? Version imprimable Sugg�rer par mail

On peut se demander si la situation du diocèse d'Amiens est à ce point florissante que son évêque peut faire fi des catholiques fidèles à la messe traditionnelle. Mgr Bouilleret a indirectement répondu à cette question, dans un ouvrage récent :

servants.png« Le diocèse d'Amiens, c'est 560.000 habitants, 783 communes, 1000 églises et chapelles et 49 paroisses nouvelles, issues de la restructuration paroissiale. La tradition rurale y est forte, et l'industrie importante. L'agglomération d'Amiens concentre le tiers des habitants du diocèse.

« Les chiffres de pratique sont très faibles : 2 % des habitants participent à la messe dominicale. Par contre, 33 % des enfants vont au catéchisme, et les gens sont culturellement assez proches de l'Eglise.

« Le diocèse comptait au début du siècle 800 à 900 prêtres ; 110 aujourd'hui, soit un pour 5000 habitants. Leur moyenne d'âge est de 70 ans, et 13 prêtres seulement ont moins de 50 ans. Toutes les paroisses sont sous la responsabilité d'un prêtre. Toutefois, la moitié d'entre elles n'ont pas de prêtres responsables résident ». (...)

 Le journaliste qui interroge Mgr Bouilleret lui demande alors quelle est l'attitude des fidèles face à ce manque cruel de prêtres.

 « La diminution du nombre des prêtres peut susciter une inquiétude parmi les habitants, mais je crois qu'ils ne se sentent pas pour autant abandonnés. Et puis une nouvelle figure émerge : l'animateur pastoral (en responsabilité dans une mission : catéchèse, catéchuménat...). C'est quelqu'un à qui on peut s'adresser en cas de besoin. Toutefois, il n'y a pas de paroisse sans prêtre. Si la modalité de sa présence a changé, une paroisse reste à la charge du prêtre, même s'il travaille avec une équipe locale ».

 Quel est donc l'avenir du diocèse d'Amiens, selon son pasteur ?

 « Nommé évêque il y a quatre ans, j'ai eu la joie d'ordonner deux prêtres dès mon arrivée. L'année suivante, un autre. Et actuellement, trois séminaristes étudient à Issy-les-Moulineaux. Tout n'est donc pas perdu ! (sic)

« Pour l'avenir, nous sommes à la fois dans l'interpellation et dans la prévision. Il faut approfondir la pastorale des vocations et en même temps prévoir que notre Eglise vivra bientôt avec peu de prêtres. Pour cela, nous mettons en place dans chaque paroisse une petite équipe, plus responsable, avec un coordinateur pastoral ». (Entretien paru dans Ainsi sont-ils, de jeunes prêtres témoignent de Cyril Douillet, 2007, CLD éditions, pp.63-64. Tiré du site www.dici.org)

La réalité est crue : 75 prêtres (selon l'annuaire diocésain) pour 732 communes. 13 prêtres seulement ont moins de 50 ans...

Mgr Bouilleret cache son embarras derrière des formules creuses : « Nous sommes à la fois dans l'interpellation et la prévision. » Mais comme les vocations ne naissent pas au hasard, qu'elles supposent le terreau fertile de la famille catholique, les prévisions sont déjà faites pour les années à venir : il n'y en aura pas plus qu'aujourd'hui.

Il n'y a donc plus qu'à se consoler de la « nouvelle figure qui émerge » : les animateurs paroissiaux, qui font déjà actuellement 95% des enterrements.

Voilà l'avenir du diocèse d'Amiens et de bien des diocèses français qui lui ressemblent. On appelle cela : gérer une faillite. Il est regrettable que cette situation catastrophique n'interpelle pas notre évêque dans le sens d'une remise en question de soi, de sa nouvelle catéchèse, de sa nouvelle liturgie.

Et si la Tradition de l'Eglise était une solution ? Interpellation et prévision…

 

 
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