Les commentaires de Paix Liturgique au sujet de notre communiqu� Version imprimable Sugg�rer par mail

La situation à Amiens est incompréhensible pour tout le monde, croyants ou non croyants, fidèles habitués de la liturgie traditionnelle ou non, habitant de la région d'Amiens ou d'ailleurs... depuis le 11 novembre 2007, l'évêché laisse des enfants, des femmes, des familles, des prêtres dans la rue comme si leur attachement à la liturgie traditionnelle et le fait que leur prêtre est incardiné à la Fraternité Saint Pie X faisaient d'eux des pestiférés, des chiens qui ne méritent pas même une niche... Curieuse application de la charité évangélique !

Alors que le Nonce apostolique en France, Monseigneur Fortunato Baldelli est intervenu personnellement pour inviter Monseigneur Bouilleret à trouver une solution et faire cesser le scandale à Amiens... Rien n'y fait et l'évêque reste inflexible. Alors que les autorités romaines rappellent que les prêtres de la FSPX et leurs fidèles ne sont ni hérétiques ni schismatiques mais simplement non encore en "parfaite communion", on continue à les invectiver pour justifier l'injustifiable et continuer de ne pas les voir comme des catholiques et des frères mais comme un problème à éradiquer. Monseigneur Bouilleret ne devrait il pas - a minima - considérer les fidèles catholiques d'Amiens même en « communion imparfaite » au moins aussi bien qu'il considère les chrétiens non catholiques ou les fidèles de religieux non chrétiennes. En effet, l'œcuménisme et le dialogue inter religieux se développent par nature auprès de communautés qui ne sont pas encore « en parfaite communion» voir en absence de communion totale... Ce dialogue n'est il donc qu'hypocrisie de la part de l'évêque d'Amiens qui semble incapable de discuter et de respecter des fidèles qui ne sont pas encore en parfaite communion ?

La pastorale que mène Monseigneur Bouilleret dans son diocèse est elle donc un si grand succès que les églises sont pleines, que les séminaristes du diocèse sont légions et que le nombre de baptêmes, de confirmations, d'enfants catéchisés ne fait qu'augmenter ? Puisque tel n'est pas le cas et qu'il y a hélas des églises vides à Amiens, pourquoi ne rien prêter même à titre temporaire ?

Puisque Monseigneur d'Amiens reproche aux « fidèles nomades » le fait qu'ils ne sont pas encore en « complète communion avec Rome » pour refuser de trouver une solution, pourquoi ne confie-t-il pas alors une église à la Fraternité Saint Pierre ou à l'Institut du Bon Pasteur ou à des prêtres diocésains bien disposés et disponibles pour proposer, sous son autorité, une véritable solution alternative ? Serait ce si compliqué de donner une église ou serait célébrée chaque jour, la messe selon la forme extraordinaire du rite romain et tous les autres sacrements... plutôt que de donner aux fidèles qui se réclament de « Summorum pontificum » que de très pauvres restes du gâteau pascal...

Pourquoi enfin Mgr Bouilleret refuse-t-il la charitable proposition faite par les pères Lazaristes de mettre à disposition de la communauté SDF une chapelle dépendant de leur congrégation ? Cette solution aurait pourtant témoigné auprès de tous les amiénois du réel désir de l'Église de trouver une issue chrétienne au drame d'Amiens.

Ce qui se passe aujourd'hui à Amiens est emblématique de la fossilisation des esprits et de la contradiction permanente de nombreux clercs qui ne cessent de parler d'accueil, de respect et d'altérité sans donner de sens réel à ces incantations. Cette position totalitaire est incompréhensible pour les jeunes chrétiens qui se réclament de la génération Jean-Paul II. Oh combien tout cela nous éclaire pour comprendre comment nos pères ont pu aller jusqu'aux guerres de religion !

Pour les fidèles catholiques de France, l'affaire d'Amiens est emblématique : elle nous dit : Plus jamais ça ! et nous détermine à œuvrer partout autour de nous pour que soient éradiquées ces méthodes bureaucratiques et totalitaires dont les fruits sont l'exclusion et la dureté.

A la veille de la Pentecôte nous nous adressons vers le Père et L'implorons qu'Il nous envoie son Esprit.


Sylvie Mimpontel

Présidente du Mouvement pour la Paix Liturgique et la Réconciliation dans l'Église.

 

 
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