Le pape Beno�t XVI et le retour � une vraie liturgie Version imprimable Sugg�rer par mail

Avant de devenir pape, Joseph Ratzinger a exprimé à de multiples reprises sa conception de la liturgie et son opinion sur les conséquences de la réforme initiée par le Concile Vatican II. Extraits de différents discours et ouvrages.

 

« Ce à qui s'est passé après le Concile signifie tout autre chose : à la place de la liturgie, fruit du développement continu, on a mis une liturgie fabriquée. On est sorti du processus vivant de croissance et de devenir pour entrer dans la fabrication. On n'a pas voulu continuer le devenir et la maturation organique du vivant à travers les siècles et on les a remplacés - à la manière de la production technique - par une fabrication, produit banal de l'instant. »

« Je suis d'avis que l'on devrait accorder beaucoup plus généreusement à tous ceux qui le souhaitent le droit de conserver l'ancien rite. On ne voit pas d'ailleurs ce que cela aurait de dangereux ou d'inacceptable. Une communauté qui déclare soudain strictement interdit ce qui était alors pour elle tout ce qu'il y a de plus sacré et de plus haut, et à qui l'on présente comme inconvenant le regret qu'elle en a, se met elle-même en question » Le Sel de la Terre, entretiens avec Peter Seewald


"Le Concile a été tout simplement dépassé, lui qui, par exemple, avait dit que la langue du rite romain restait le latin, mais qu'il fallait accorder aux langues nationales la place qui convenait." La célébration de la Foi, éditions Téqui, Paris 1981

 

"L'effrayant appauvrissement qui se manifeste là où l'on chasse la beauté et où l'on assujettit [la liturgie] seulement à l'utile, est devenu de plus en plus évident. L'expérience a montré que le fait de s'en tenir à la seule notion d'"accessible à tous" n'a pas rendu les liturgies véritablement plus compréhensibles ou plus ouvertes, mais seulement plus indigentes. Liturgie "simple" ne signifie pas misérable ou à bon marché; il y a une simplicité qui vient du banal, et une autre qui découle de la richesse spirituelle, culturelle et historique." Entretien sur la foi, éditions. Fayard, Paris 1985.

 

"Bien qu'il y ait de nombreux motifs qui peuvent avoir poussé un grand nombre de fidèles à trouver refuge dans la liturgie traditionnelle, le plus important d'entre eux est qu'ils y trouvent préservée la dignité du sacré. Après le Concile, de nombreux prêtres ont délibérément érigé la désacralisation au niveau d'un programme d'action. (...) Animés par de telles idées, ils ont rejeté les vêtements sacrés; autant qu'ils ont pu, ils ont dépouillé les églises de leurs splendeurs qui rappelaient le sacré et ils ont réduit la liturgie au langage et aux gestes de la vie de tous les jours par le moyen de salutations, de signes d'amitié et autres éléments." Conférence faite aux Evêques du Chili en juillet 1988.


"On aurait besoin pour le moins d'une nouvelle conscience liturgique, pour faire disparaître cet esprit de bricolage. On en est arrivé à ce que des cercles liturgiques se bricolent eux-mêmes une liturgie du dimanche (...) Je m'aperçois que ce n'est pas cela que je cherche. Ce qu'il y a de plus important aujourd'hui, c'est le respect de la liturgie et du fait qu'on ne peut pas la manipuler. C'est de réapprendre à la considérer comme un organisme vivant et offert, par lequel nous participons à la liturgie céleste. C'est de ne pas y chercher notre propre accomplissement, mais le don qui nous advient. Je crois que ce qui est prioritaire c'est que cette manière de faire personnelle et arbitraire disparaisse et que s'éveille le sens intérieur pour le sacré. Dans une deuxième étape, on pourrait voir dans quel domaine on a supprimé trop de choses, et que la cohérence avec toute l'histoire puisse redevenir plus évidente et plus vivante." - Voici quel est notre Dieu, éditions Plon-Mame, 2001

 

 
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