A propos de la Fraternit� St-Pie X, par Mgr Bouilleret Version imprimable Sugg�rer par mail

Voici plusieurs semaines les fidèles de la Fraternité St-Pie X ont décidé de célébrer leur culte sur la place publique à Amiens.

Il m'apparaît de souligner et d'éclairer à nouveau les confusions entretenues autour de ces manifestations publiques afin de lever toute ambiguïté.

Depuis plusieurs décennies, les fidèles de la Fraternité St-Pie X célébraient la messe en la chapelle du Bon Pasteur à Amiens. Cette chapelle était la propriété du Conseil général. Un bail avait été signé entre les pouvoirs publics et la Fraternité St-Pie X. Les responsables de la fraternité envoyaient à Amiens un célébrant pour la messe chaque dimanche. Depuis mon arrivée en 2003, aucun prêtre ni aucun fidèle de la Fraternité St-Pie X n'a pris contact avec moi. J'ai seulement croisé et salué une famille habituée à prendre part à la messe dominicale en la chapelle du Bon Pasteur lors d'une visite pastorale dans le diocèse.

La Fraternité St-Pie X est née du schisme entre Mgr Lefebvre et le Saint Siège en 1988. Les fidèles qui ont suivi Mgr Lefebvre se retrouvent au sein de cette fraternité. Ils refusent des apports importants du concile Vatican II. Parmi ceux-ci figure la messe du nouveau rituel de Paul VI. Ils estiment que seule messe tridentine, dite de Saint Pie V est authentique. Cette situation de séparation n'est pas levée aujourd'hui.

En effet, nous rappelle un canoniste et moraliste autorisé: "toute personne humaine qui demande le baptême et/ou participe en exclusivité, comme baptisée d'origine catholique ou comme baptisée d'origine "lefebvriste", à la pastorale, aux rite, sous la seule autorité des seuls ministres fidèles à Mgr Lefebvre après son excommunication et malgré celle des prêtres que Mgr Lefebvre a indûment voulu faire accéder à l'épiscopat; ces personnes baptisées entrent dans le schisme." P. Jean-Paul Durand. Les fidèles de la Fraternité St-Pie X ne sont donc pas en communion avec l'Eglise catholique romaine.

Au cours de l'année 2007, le Conseil général de la Somme a informé la Fraternité St-Pie X que l'ensemble immobilier où se trouve la chapelle du Bon Pasteur serait vendu. Les fidèles de la Fraternité n'auraient donc plus ce lieu pour célébrer leur culte.

De surcroît, des contacts multiples ont alors eu lieu entre le diocèse d'Amiens et la Fraternité St-Pie X. Nous avons cherché une chapelle non affectée au culte sous l'autorité légitime de l'évêque d'Amiens. Nous n'en n'avons pas trouvé. Il ne m'est pas apparu respectueux de la vérité de la liturgie d'autoriser un culte dans une église confiée à ma responsabilité. Le Conseil presbytéral de notre diocèse n'est pas favorable à la mise à disposition d'une église diocésaine. La situation de séparation doit pouvoir être réglée en amont. L'église St-Nicolas du Chardonnet à Paris est toujours occupée illégalement.

Cependant, pour manifester ma bonne volonté, j'ai autorisé des funérailles selon le rite tridentin en une église d'Amiens. Je ne voulais pas laisser un défunt sans culte.

Le 7 juillet 2007, le pape Benoît XVI a publié une lettre apostolique en forme de Motu proprio: Sur l'usage de la liturgie romaine antérieure à la réforme de 1970. L'article 5 § 1 précise: "dans les paroisses où il existe un groupe stable de fidèles attachés à la tradition liturgique antérieure, le curé accueillera volontiers la demande de célébrer la Messe selon le rite du Missel romain édité en 1962." A ma demande, un prêtre du diocèse d'Amiens a célébré la messe selon cette forme extraordinaire les 1er et 3e dimanches de l'Avent en l'église St-Roch à Amiens. Ces célébrations ont réuni entre trente et quarante personnes. Elles se poursuivront les 1er et 3e dimanches de chaque mois.

En même temps, les fidèles de la Fraternité St-Pie X ont célébré leur messe sur la place publique. Ils démontrent ainsi que les enjeux ne sont pas la messe en latin mais ceux de l'unité de l'Eglise catholique romaine. Et l'unité au sein du diocèse d'Ameins est le souci principal que je porte.

J'ai lancé un appel à cette unité pour la messe de la nuit de Noël. J'ai invité les catholiques qui le désiraient à manifester cette unité autour de l'évêque légitimement nommé par le Saint Père et ordonné pour présider à la charité en l'Eglise d'Amiens.

J'ai expliqué cette position à deux fidèles de la Fraternité St-Pie X que j'ai reçus. Je leur ai confirmé que la municipalité d'Amiens était prête à leur mettre une salle à disposition. Ils ont refusé les deux propositions faites.

Par ailleurs, j'ai été l'objet de nombreuses calomnies. La violence des propos à mon égard est quasiment passible de justice. J'ai préféré ne pas entrer publiquement dans des polémiques sans fin.

La charité chrétienne ne peut se vivre sans vérité et il n'existe pas de charité authentique sans vérité de la foi et de la liturgie.

Toutefois, je reste en contact avec les responsables de la Fraternité St-Pie X sur Paris pour trouver ensemble une solution qui respecte la vérité de nos convictions.

Je crains et regrette que certains ne comprennent pas la dimension des enjeux qui fondent l'unité de toute notre Eglise. Il ne s'agit pas ici simplement d'un lieu ou d'un local pour célébrer la messe.

Merci à ceux qui m'ont apporté leur soutien. Je regrette que beaucoup se soient arrêtés à la vérité des médias. Elle s'avère parfois partielle et partiale. Je regrette aussi que certains aient retiré leur soutien au diocèse d'Amiens. C'est pourtant dans les temps les plus rudes que nous avons particulièrement besoin de manifester notre communion.

Je vous assure de mon entier service envers tous les habitants de la Somme et vous redis mon entière disponibilité au service de l'annonce de la Bonne Nouvelle.

Cordialement.

Amiens, le 15 janvier 2008

 
< Pr�c�dent   Suivant >
 
Blog « Amiens, des catholiques à la rue »