Lettre de Dr Jean-Pierre Dicks Mgr Bouilleret
Monseigneur,

Ce matin il y avait autant de monde voire même plus que lors de la première messe traditionnelle sous la voûte céleste. Mais ayant assisté à presque toutes ces messes, je constate un changement important.


Au début, nous étions comme une sorte de troupeau traqué, subissant les malheurs du sort (et surtout de la pluie glacée et du vent). L'ambiance est désormais toute autre. Apparemment tous les participants tout aussi nombreux d'où qu'ils venaient ont compris que la lutte sera longue. Mais qu'il faudra tenir. L'impression est donc celle d'une sorte de confiance tranquille. Les mines se sont décrispées et se sont épanouies. Ils tiennent là parce que c'est leur devoir. Celui de leur conscience. Pas plus compliqué. Merci Monseigneur de les avoir fortifiés.

J'ai fait environ deux cents conférences sur la bioéthique dans toute la France et à la demande de diverses organisations de diverses tendances. Je suis allé partout en France. Et en d'autres pays bien sûr. Sauf à Amiens à une heure de route de chez moi. Pourquoi ? Il existe là (et aussi ailleurs) depuis longtemps des divisions entre traditionalistes pour des raisons longues à expliquer. Faire une conférence au nom d'un groupe aurait apparu une offense à l'autre. Et inversement. Ces groupes sont désormais unis dans une même cause. Après 10 ans de difficultés vous avez réussi à unir ce qui aurait du rester l'être. Merci Monseigneur.
Ce serait possiblement un exemple contagieux à toute la France. Ce serait grâce à vous Monseigneur.

Je suis un vieux de la vieille. Depuis près de quarante ans nous avons connu la messe dans les garages, "la vie de salon" (le mien) et aussi la vie de château. Nos paroisses se multiplient. Mais notre souci principal était celui de la génération suivante. Nos enfants et petits enfants comprendraient-ils le message des "anciens combattants" ? Les scouts et élèves qui étaient dans le froid dimanche il y a huit jours l'ont compris grâce à vous. Ainsi que ceux qui vont venir. Merci Monseigneur.

Mais l'exemple que vous donnez à toute la France est fantastique. Vous permettez de comprendre que vos paroles quand elles parlent de charité, d'ouverture, de "sens des autres", d'accueil, d'oecuménisme ne sont que des mots emportés par le vent. Vous venez de donner un coup terrible à l'oecuménisme de façade. Merci Monseigneur

Mais maintenant, de plus en plus de catholiques comprennent ce que vous faîtes. Les Amiénois me disent voir des paroissiens qui sont stupéfaits de votre dureté de coeur, des mensonges prétendant que nous sommes excommuniés alors que la dite excommunication ne concerne ni les prêtres de la FSSPX ni les fidèles qui fréquentent leurs églises et chapelles. Ces gens là maintenant seront à Noël et le dimanche d'après avec nous à se geler dans le froid en union avec le sacrifice de la crèche. Merci Monseigneur.

Le monde a perdu le sens de la souffrance. Je le sais en tant que médecin. Chacun a envie de se laisser dorloter, de se chauffer auprès d'un feu de bois ou être entre amis. Nous étions sur les routes, et attendions dans le froid. Nous apprenons le sens de la souffrance. physique et morale, psychologique dirait-on de nos jours. Et nous nous unissons infimement et humblement il est vrai au sacrifice de la Croix. Et ceci grâce à vous. Merci Monseigneur.

Merci Monseigneur. Que le Bon Dieu vous tienne en sa sainte miséricorde

Jean-Pierre Dickès

Président de l'ACIM (Association catholique des infirmières et médecins)